Sebastian Jimenez

Ca y est, il caille, le soleil s’est planqué et le gris des immeubles se confond parfaitement avec le gris du ciel parisien. Certains raccrochent la combinaison pendant ces sombres mois ou se cassent à l’autre bout du monde pour surfer un point break avec 60 australiens et brésiliens qui se battent au pic. D’autres sortent les guns, la cagoule et la 5/4mm et font des hold-ups en Normandie.
S’il vivait en France, Sebastian Jimenez ferait partie de la seconde catégorie. J’ai bavardé avec lui sur WhatsApp le mois dernier pour essayer de comprendre à quoi ressemblait la vie d’un surfeur en Mer du Nord.

© Vilmos Misota

Sebastian : Salut! C’est Sebastian d’Edimbourg. Ca va ?

Wrecked : Salut Sebastian, j’ai plein de trucs en cours ces jours-ci mais je vais bien, et toi ?

Sebastian : Pareil pour moi. Famille, boulot, surf et j’ai quelques côtes cassées après ma dernière session mercredi. Grosse houle et grosse perte… J’ai passé tout mon dimanche à attendre une IRM à l’hôpital.

Wrecked : Oh merde… C’est pas la façon la plus drôle de terminer une session. Je préfère boire une bière après au lieu d’une IRM.

Sebastian : Haha non…

Wrecked : Pour commencer l’interview, peux-tu te présenter brièvement ?

Sebastian : Je suis né à Punta del Este, en Uruguay, il y a 35 ans. J’ai commencé à surfer quand j’étais petit. Mon grand-père et mon père m’ont tout appris sur l’océan. J’ai été sauveteur pendant 17 ans, j’ai travaillé sur la côte atlantique uruguayenne, en Méditerranée espagnole et en Amérique Centrale côté Pacifique. J’ai participé à quelques contests où j’ai fait de bons résultats, mais j’ai mis l’accent sur le fait d’être un free surfeur et j’ai eu des sponsors, des photos dans des magazines et des sites web. Ce genre de trucs.
Je suis allé plusieurs fois dans le sud du Brésil. Je suis allé deux fois en Amérique Centrale. J’étais basé au Costa Rica pendant 6 mois. J’ai voyagé à travers le pays et je me suis rendu plusieurs fois au Nicaragua. Un peu plus tard, je suis allé à Puerto Escondido, au Mexique, pour deux mois.
En Europe, j’ai surfé Mundaka et quelques spots intéressants en Méditerranée près de Barcelone. En 2018, je suis allé au Portugal pour 10 jours, surtout autour de Supertubos et Ericeira.
Ma femme est écossaise. Nous avons déménagé à Edimbourg il y a deux ans et j’adore ça ! Le surf est génial, ça devrait être comme ça partout : une bonne ambiance, amicale, de bonnes manières et de très bonnes vagues. Par contre c’est un peu froid….

Wrecked : Tu as beaucoup voyagé.

Sebastian : Toujours pour le travail. La vie en Uruguay est très difficile. Il valait mieux aller travailler dans d’autres pays avec un climat chaud et de bonnes vagues !

Costa Rica © Andrea Ghuietti

Wrecked : Comment se porte la scène surf en Ecosse ? J’imagine qu’il n’y a pas autant de monde qu’à Mundaka.

Sebastian : Mmmmmmm… ça dépend de ce que tu veux dire par « du monde ». 
À mon avis, l’Écosse n’est jamais blindée. L’Uruguay et le Brésil sont surpeuplés de surfeurs et très agressifs. Le Costa Rica est assez bondé aussi, le Nicaragua y arrive aussi. Au Mexique, je n’ai surfé qu’à Puerto Escondido et il y avait beaucoup de monde aussi.
Donc, même sur les spots écossais très connus dans les meilleurs jours, je pense qu’il n’y a pas vraiment beaucoup de monde.
Il y a des gens du coin qui se plaignent de la foule alors que pour moi ce ne sont que quelques surfeurs qui passent une bonne session. Il y a tellement de spots par ici, tellement de choix différents que cela aide à éviter les pics surpeuplés.

Wrecked : Je vois exactement ce que tu veux dire. J’ai développé une interprétation différente du mot “surpeuplé” selon si je suis en Californie ou en Bretagne.
Comment sont les vagues en Ecosse ? À quoi ressemble une journée de surf typique ?

Sebastian : Hahaha moi aussi !
Je dois dire que le surf écossais me montre un autre type de surf, un type de surf que je n’aurais jamais pensé être réel. J’étais très habitué à une ambiance différente, à d’autres conditions météorologiques et à d’autres types de foule.
Mes amis qui vivent dans des pays chauds me disent toujours que je suis fou et me demandent si j’aime ce surf en eau froide. Je n’ai jamais autant aimé surfer !
L’Ecosse a beaucoup de différents types de vagues et beaucoup de spots. Nous avons de bons reefs et de bons beach breaks. En général, les vagues sont meilleures qu’on ne le pense. Je connais mieux la côte est (en Mer du Nord), donc ma réponse est basée sur la région d’Edimbourg. Quelques heures au nord, quelques heures au sud…
Comme c’est une mer et pas un océan, le surf n’est pas vraiment constant. En été, c’est flat, mais même Hawaii a une saison flat. Entre septembre et mai, les choses sont différentes. On peut avoir une bonne houle qui ne dure qu’un ou deux jours, mais parfois, ça peut être en feu pendant une semaine.
En général lorsqu’il y a de la houle, le vent est aussi offshore. Ca aide beaucoup.

Les journées sont très courtes en hiver. Le soleil se lève vers 7h45 et à 15h45 il fait déjà sombre. Si j’ai un jour de congé pour moi tout seul, je me lève très tôt. Vers 6h30. Je sors le chien, prends un petit déjeuner et sans exception je fais mon “Uruguayan maté”. Le maté vient avec moi. Peu importe si les vagues seront mieux plus tard avec de la marée ou du vent… J’aime tellement être à la plage que j’y vais toujours tôt.
Je dois conduire 40 minutes jusqu’à la plage la plus proche avec de bonnes vagues. On ne sait jamais ce que va faire la météo donc je surfe toujours jusqu’à ce que je n’en puisse plus.
Après cette première session, je mange un truc et je bois beaucoup d’eau. Si j’ai le temps, je fais une seconde session. On ne sait jamais quand sera la prochaine. La deuxième session est la plus difficile. Mettre ta combinaison trempée est dur, mais j’ai quelques astuces pour le rendre moins horrible.
Ensuite je rentre à Edimbourg lessivé mais en même temps plein d’énergie !

Wrecked : Il faut que tu me donnes tes trucs pour renfiler une combinaison trempée et gelée.

Sebastian : Je mets de l’eau bouillante dans un thermos et de l’eau chaude dans une de ces grandes bouteilles de 5 litres qu’on peut acheter au supermarché. Quand je vais faire ma deuxième session, l’eau de la grande bouteille n’est pas assez chaude alors j’y ajoute de l’eau chaude du thermos et j’arrose la combinaison. Crois-moi, il vaut mieux mettre une combinaison chaude qu’une combinaison très froide. Si tu mets un sac en plastique sur tes pieds et mains, ça aide beaucoup à enfiler la combinaison quand elle est humide.
Je sais que l’eau chaude n’est pas bonne pour les coutures, mais dans des conditions climatiques extrêmes, t’es obligé de faire ça !

© Sebastian Jimenez

Wrecked : Tu viens d’un pays chaud et tu as surfé dans de nombreux endroits chauds. Maintenant que tu habites en Ecosse, est-ce que tu prévois souvent des surf trips pour surfer dans des eaux plus chaudes ?

Sebastian : L’Uruguay est très chaud l’été, parfois même trop, mais l’hiver, il fait très froid. En raison de l’interaction entre le Rio de la Plata, l’océan Atlantique et d’autres facteurs, l’Uruguay le taux d’humidité est très élevé. C’est le genre de froid qui pénètre à l’intérieur de tes os et peu importe le nombre d’épaisseurs que tu portes tu ne peux pas te réchauffer. À mon avis, l’hiver uruguayen est plus froid qu’ici. Généralement, l’eau n’est pas plus froide que 10°C.
L’Ecosse n’a pas vraiment d’été digne et l’hiver est très long. La température de l’eau peut être inférieure à 5°C. C’est vraiment froid !
Mais pour revenir à ta question, quand je vivais en Uruguay, j’ai toujours choisi un pays où l’eau est chaude pour mon prochain surf trip. Maintenant que je suis plus habitué à l’eau froide et que je connais les avantages que ça offre (pas de foule et de beaux endroits), j’ai plus envie de partir en trip en Irlande, en Norvège ou en Islande. C’est juste plus facile et moins cher d’aller dans un endroit chaud comme les Canaries ou le Portugal.

Tu sais qu’on devrait avoir un Wavegarden vers mars 2020 ?

Wrecked : Oh ouais, je sais !
Tu abandonnerais le surf glacial de la Mer du Nord pour aller au Wavegarden en hiver ?

Sebastian : Je n’abandonnerai jamais le surf quoi qu’il arrive. Le Wavegarden sera sûrement ouvert de mars à septembre. Plus d’étés flats en Ecosse et si la magie de la Mer du Nord ne fonctionne pas, nous aurons un plan B pour ces jours-là. Je suis encore plus heureux de vivre ici ! Cette nouvelle technologie Wavegarden (Cove) va certainement être super fun, mais je préférerais toujours surfer sur une plage et sa beauté naturelle. Je vais aussi surfer avec mon ami Vilmos autant que possible parce que nous travaillons sur des projets ensemble.

Wrecked : Dernière question : qu’est ce que tu fais quand tu ne surfes pas ?

Sebastian : J’ai un fils de 3 ans. Cela m’occupe beaucoup. Je travaille à temps partiel dans un célèbre bar d’Edimbourg. Certains jours pendant la journée, parfois la nuit. Quand je ne travaille pas, je m’occupe de mon fils, ce qui ne me laisse que le week-end pour aller surfer. Souvent, si les vagues sont bonnes pendant la semaine, ma belle-mère s’occupe de mon fils et je peux aller faire du surf. C’est la meilleure ! J’essaie aussi d’aller nager 3 fois par semaine.
S’il n’y a pas de vagues le week-end, je me consacre à 100% à ma famille et s’il ne fait pas trop froid, nous allons à la plage pour jouer et boire du maté. Ma femme aime le maté mais déteste le froid !
Nous passons du temps avec la famille de ma femme, sortons avec des amis, il y a tant de choses à faire à Edimbourg. En été, s’il fait beau, on fait des barbecues entre amis.

Cover photo © Vilmos Misota
www.vilmoshphotography.com / www.armsofocean.co.uk / @vilmosh.photography
Vous pouvez suivre Sebastian sur Instagram : @sebastian_surfscotland
Sebastian est sponsorisé par SRFACE, Seki et Kachina.
Merci à Jeroen de SRFACE de m’avoir mis en contact avec Sebastian.

© Vilmos Misota
© Vilmos Misota

It’s cold, the sun has hidden and the grey of the buildings blends perfectly with the grey Parisian sky. Some hang up the suit during these dark months or take off to the other side of the world to surf a point break with 60 Australians and Brazilians fighting at the peak. Others take out the guns, the hood and the 5/4mm and do hold-ups in Normandy.
If he lived in France, Sebastian Jimenez would be in the second category. I chatted with him on WhatsApp last month to try to understand what it was like to be a surfer in the North Sea.

Puerto Escondido, Mexico © Andrea Ghuietti

Sebastian : Hi. Good evening. It’s Sebastian from Edinburgh, Scotland. How are you ?

Wrecked : Hi Sebastian, pretty busy these days but I’m good, how about you?

Sebastian: I’m the same. Family, job, surf and now a few broken rib after my last surf on Wednesday. Big swell and a big wipeout. I spent all Sunday waiting for a MRI at the hospital.

Wrecked: Oh damn … not the funniest way to end a session. I usually like a beer afterwards instead of a MRI.

Sebastian: Haha no

Wrecked: To start the interview, can you introduce yourself shortly?

Sebastian: I was born in Punta del Este, Uruguay, 35 years ago. I started surfing when I was a kid. My grandad and my dad taught me everything about the ocean. I’ve been a lifeguard for 17 years, working in the Uruguayan Atlantic Coast, the Spanish Mediterranean and in the Central Pacific Ocean. Back in the day I participated to a few contests and I had some good results but I put more focus on being a free surfer and then I got sponsorship, photos in magazines and websites. Things like that.

I went many times to the south of Brazil. I went two times to Central America. I was based in Costa Rica for 6 months and in those months I have been travelling around the country and going to Nicaragua a few times. In a different year, I went to Puerto Escondido, Mexico for two months.
In Europe I surfed the Mundaka and some pretty interesting spots in the Mediterranean near Barcelona.
In 2018 I went to Portugal for 10 days, mostly around Supertubos and Ericeira.
My wife is Scottish. We moved to Edinburgh two years ago and I love it! The surf is great, it is how it should be everywhere : really good vibes, friendly, good manners and really good waves. A bit cold though…

Wrecked: You traveled a lot.

Sebastian: Always for work. Life in Uruguay is very hard. It was better to go out and work in other countries with warm weather and good consistent waves!

Wrecked: How is the surf scene in Scotland? I imagine it’s not crowded like Mundaka.

Sebastian: Mmmmm… depends what “busy” means for you . 
In my opinion Scotland is never busy. Uruguay and Brazil are overcrowded surf countries and quite aggressive. Costa Rica is pretty crowded too, Nicaragua is getting there. In Mexico I only surfed in Puerto Escondido and it was pretty heavy crowded too. 
So, even in the very well known Scottish spots on a good day, I think is not really crowded.
Some locals guys complain about the crowd and for me there is just a few people out having a great session. There are so many spots around here, many different choices so that helps avoiding overpopulated peaks.

Wrecked: I see exactly what you mean. I developed a different interpretation of the word “crowded” depending if I’m in California or in Bretagne.
How are the waves like in Scotland? How does a typical surfing day look like?

Sebastian: Hahaha me too!
I have to say that the Scottish surf show me a different kind of surf, a type of surf that I never thought could be real. I was very used to other vibes, other weather and other type of crowd. 
My friends who lives in warm weather places with good waves are always telling me that I’m crazy and asking if I enjoy this cold water surf. I never enjoyed surfing so much!
Scotland has many different types of waves and lots of spots. We have good reefs and good beach breaks. In general the waves are great, better than people think. I have more knowledge about the East Coast (North Sea) so my answer is based on Edinburgh area. A few hours up north, a few hours down south…
Because it is a sea and not an ocean the surf is not very consistent. In the summer it is flat, but even Hawaii has a flat season. Between September and May things are different. Sometimes we have a good swell that only lasts for one or two days. Sometimes it can be pumping for a week. 
Usually in this area when there’s a swell there’s also offshore winds. That helps a lot.

Days are very short in the winter. The sun rises around 7:45am and 3:45pm is already pretty dark.
If I have the day off all for myself, I wake up very early. 6:30 am more or less. Take the dog out, have some breakfast and with no exception make my “Uruguayan Mate”. The “Mate” is coming with me. It doesn’t matter if the waves are gonna be working later because of the tide or the wind … I enjoy so much to be at the beach that I always like to go early.
I have to drive 40 minutes to the nearest beach with good waves. Because you never know what’s gonna happens with the weather I always surf until I’m about tired. 
After that first session I have something to eat and drink a lot of water and if I have time I’m going for the next session. Just like that. You never know when is gonna be the next one. The second session is the hard one. Putting on your suit all wet is not nice, but I have a few tricks to make it less horrible.
Then I go back to Edinburgh completely tired but at the same time full of energy!

Wrecked: You need to give me your tricks to put on a cold soaked wetsuit on a second session.

Sebastian: I put boiling water in a thermos and pretty hot water in those big 5 litres bottles of water that you can buy in the supermarket. When I’m gonna have my second session, the water of the big bottle is not warm enough so I add some hot water from the thermos into it and then I wet the suit with it. Believe me, it is much better to put a warm wetsuit than a very cold one. If you put a plastic bag in your feet and hands that helps a lot to put the suit on. 
I know hot water is not the best for the seams but in extreme weather conditions you need that!

Nicaragua © Andrea Ghuietti

Wrecked: You’re from a warm country and surfed a lot of different warm places. Now that you live in Scotland, do you often plan surf trips to surf in warmer water?

Sebastian: Uruguay is really warm in the summer, even too much sometimes, but in the winter it gets really really cold. Because of the interaction between the Rio de la Plata and the Atlantic Ocean and other factors, Uruguay has a lot of humidity. It is that kind of cold that get inside your bones and it doesn’t matter how many jackets you put on you can’t get warm. In my opinion the Uruguayan winter feels colder than here. Usually the water doesn’t get colder than 10°C though.
Scotland more or less doesn’t have a proper summer and the winter is very long. Water temperature can be lower than 5°C. That’s really cold! 
But going back to your question, when I used to live in Uruguay I always chose a warm water surf country for my next surf trip. Now that I am more used to cold water surf and I know the advantages that it has (no crowd and beautiful places) I’m more keen to plan my next trip to somewhere like Ireland, Norway or Iceland. It is just cheaper and easier to go somewhere warm like Canary Islands or Portugal.

Do you know that we are going to have a Wavegarden around March 2020?

Wrecked: Oh yeah, I know!
Would you give up on cold North Sea surf and go to the Wavegarden in winter?

Sebastian: I will never give up surfing no matter what. The Wavegarden probably is going to be opened between March to September. No more flat summers in Scotland and if the magic of the North Sea is not working we will have a plan B for those days. So I am even more stoked to live here! This new Wavegarden technology (Cove) is gonna be super fun for sure, but I would always prefer to surf on a beach and its natural beauty. Also I go surfing with my friend Vilmos as much as I can because we have projects together.

© Vilmos Misota

Wrecked: Last question : what do you do when you don’t surf?

Sebastian: I have a 3 year old son. That keeps me very busy. I work part time in a pretty world famous bar in Edinburgh town. Some days during the day sometimes at night. When I’m not working I’m taking care of my son so that only leaves me the weekends to go surfing. Many times if the waves are good during the week my super top quality mother-in-law takes care of my son and I can go surfing. She’s the best! I also try to go 3 times a week for a swim at the local swimming pool.
If there are no waves on the weekend I’m 100% dedicated to my family and if it’s not really cold we go to the beach to play and have some Mate. My wife loves Mate but hates the cold! 
We spend time with my wife’s family, go out with friends, there are so many things you can do here in Edinburgh. In the summer, if the weather is good, I barbecue a lot and we have friends over.

Cover photo © Vilmos Misota
www.vilmoshphotography.com / www.armsofocean.co.uk / @vilmosh.photography
You can follow Sebastian on Instagram : @sebastian_surfscotland
Sebastian is sponsored by SRFACE, Seki and Kachina.
Thanks to Jeroen at SRFACE for putting me in touch with Sebastian.

© Vilmos Misota
© Vilmos Misota
© Sebastian Jimenez
Uruguay © Andrea Ghuietti
© Sebastian Jimenez
© Vilmos Misota