West is the Best Mexico – interview

West is the Best Mexico – interview

À l’occasion de la sortie du troisième volume de West is the Best, nous avons rencontré et discuté avec Joran Briand et Arnaud Berthereau qui sont à l’origine du projet.
Puis l’artiste Olivier Millagou et le créateur de NextWave Nicolas Occhiminuti nous ont rejoint pour parler de l’essence même de ce que l’on cherche dans le surf.

© Olivier Millagou

PREMIERE PARTIE / WITB

Wrecked : Alors West is the Best pour celles et ceux qui n’ont rien suivi… Comment le présentez-vous aujourd’hui, que reste-t-il de l’intention initiale depuis le numéro 1, et qu’est ce qui a évolué ?

Studio Briand Berthereau : West is the Best est un voyage, c’est le point de fuite du studio. Tous les deux ans, nous partons à la rencontre d’artistes, de designers, d’artisans passionnés d’océan pour échanger sur cette source d’inspiration commune. Après chaque voyage, nous publions un road-book pour partager cette expérience avec le plus grand nombre.
Pour ce troisième numéro nous avons invités de jeunes auteurs francophones pour apporter d’autres regards sur cette culture mexicaine et le Pacifique. 
West is the Best est devenu un cadavre exquis évoluant au fil des rencontres.

W : Ce volume 3 est consacré au Mexique, pourquoi avoir choisi cette destination et quelle a été la meilleure expérience mexicaine ?

SBB : S’il est un pays où le surf est une conquête, c’est bien le Mexique. Pourtant, sous ses apparences rugueuses, la côte Pacifique réserve de généreuses surprises à qui sait les saisir. C’est le cas des femmes et des hommes, tous créatifs à qui ce numéro donne la parole.
Qu’ils soient designers, architectes ou stylistes, ils livrent des témoignages comme autant de sources d’inspiration. De Puerto Escondido à Costa Careyes en passant par Zihuatanejo, ils ont su entreprendre autrement pour réussir à élaborer des styles de vie sur-mesure, dans lesquels travail et plaisir ne font qu’un. Leur vie gravite autour du surf, dans un juste équilibre entre hédonisme et spiritualité, au sein de tiers lieux ouverts, à leur image, d’écosystèmes qui permettent de rêver ensemble. 

La plus belle des rencontres a été celle d’Andres et Tara, les co-fondateurs de LOOT. « Mi casa es tu casa » n’est pas une légende chez ce couple. L’hospitalité est un art qu’ils maitrisent avec excellence. Ils ont prit le temps de nous montrer les faces cachées de leur région Zihuatanejo. Nous avons partagé des moments intimes et uniques et surtout  nous avons eu la chance de voir les prémices de leur nouveau projet MUSA « Modern Utopian Society of Adventure », un nouveau lieux alternatif au bord de l’eau associant ateliers d’art, résidences, hôtel, studio d’enregistrement… Cet endroit dédié aux surfeurs créatifs ouvrira ses portes en 2022.

W : Dans chaque voyage et numéro vous explorez la façon de chacune des personnes que vous rencontrez de vivre cet équilibre ou ce paradoxe entre travail et surf, ville et plage, réel et futile (pour vous citer/paraphraser) : dans le #1 l’approche californienne est par exemple de tout mêler dans la même journée parce que la géographie le permet, les vagues sont plus proches du bureau, là où dans le #2 les surfeurs d’une France très centralisée séparent plus travail et loisir, associant plus le surf au voyage et le travail à la ville. Avez-vous découvert une 3ème voie au Mexique ?

SBB : L’objectif de ce troisième numéro était de faire un focus sur des tiers lieux comme Costa Careyes, Loot, Casa Wabi ou Casa Bosque.  De part sa proximité avec les USA, sa qualité de vie et son niveau de vie accessible, le Mexique regorge de projets alternatifs. Le but de ce troisième numéro était de mettre en avant ces endroits inspirants au bord du Pacifique et de comprendre comment ces fondateurs ont créés des lieux hybrides à leur image où plaisir et travail ne font qu’un. 

W : Un petit conseil pour celles et ceux qui voudraient suivre vos traces et partir au Mexique?

SBB : Go to Zihuatanejo

© Joran Briand

W : Bonus : À Paris où la pratique du surf est pour l’instant impossible, est-ce que l’arrivée d’une vague artificielle, comme à Sevran dans quelques années, suffira à donner cette énergie de bord de mer à une capitale enclavée?
Est-ce que la simple pratique du surf dans un environnement urbain qu’on associe ici au travail suffit à se ressourcer, s’évader, et aurait les mêmes bienfaits que la pratique du surf dans l’océan?

SBB : C’est comme confronter l’escalade sur bloc et dans la nature. Ce n’est pas comparable, c’est une autre pratique. Elle sera complémentaire à celle du surf dans l’océan. Ce sera quelque chose de plus mécanique et moins poétique mais très ludique. 

© Olivier Millagou

DEUXIEME PARTIE / TALK

Wrecked : Pourquoi on fait du surf, d’où ça nous vient?

Studio Briand Berthereau : Ma passion pour le surf est un fantasme né dans les pages des magazines. Ce rêve est devenu réalité avec l’arrivé d’internet et l’accès au permis de conduire. Le surf est pour moi synonyme de liberté et d’ailleurs.

Olivier Millagou : Pour vivre, parce que comme le disait Jacques Brel : il est urgent d’être heureux.

Nicolas Occhiminuti : Pour ma part je dirais que c’est à la base une récréation depuis plus de 25 ans, ça reste la même idée… que ce soit mes amis d’enfance qui m’avaient fait découvrir ce nouveau « jeu » pendant les vacances ou maintenant quand avec NextWave on emmène des équipes d’entreprises surfer et bosser différemment en mode team building au bord de l’océan. 
L’idée c’est d’abord de se “divertir”, à savoir s’évader des enjeux du quotidien pro comme perso, une espèce de bouton “refresh” grandeur nature qui peut faire du bien à chacun(e) de nous quel que soit le niveau de pratique.
En ce qui me concerne, même en surfant de plus en plus occasionnellement, j’ai besoin de ce refresh idéalement une fois par mois minimum.
C’est avant tout pour ça que je surfe, et parce que les autres boutons refresh que j’ai pu tester en comparaison manquent d’air iodé, d’immersion dans l’élément, d’émerveillement, de contemplation, d’introspection, de jeu ou de tout ça à la fois !

W : Qu’est ce qu’on aime dans le surf? 

SBB : Ce que j’aime particulièrement dans le surf c’est l’objet. Sa forme est à la fois sensuelle et mystique. Il est relié à notre jambe, il est un prolongement de notre membre. On peut faire corps avec la vague grâce à lui, c’est quelque chose de magique. 

© Joran Briand

W : Pourquoi surfer nous rend heureux? Qu’est ce que ça nous apporte en plus?

SBB : Comme le dit si bien Julian Schnabel «  la plage est une machine antigravité » le temps s’écoule différemment. Nous sommes face à l’horizon et ce trait lointain nous pousse à la pause, à la méditation. Surfer nous apprend à savoir saisir le moment opportun. Savoir prendre la bonne vague pour jouer avec la mer, « on se sent au bon moment au bon endroit ». C’est ici, maintenant et par ailleurs. Le surf nous rend heureux car il nous ancre dans le présent.

OM : Évidemment le plaisir, la nature, la jouissance d’un partage avec les éléments, la simplicité qui forcement devient beauté, l’humilité, mais aussi la diversité. La mer et l’océan sont en mouvement permanent, chaque vague est unique, et cette lecture des éléments pousse à analyser, à anticiper et accepter la différence.

Et ce qui beau avec le surf, c’est que tu appliques à la vie tout ce que l’océan t’enseigne sans forcement s’en rendre compte. Et appliquer à la vie, cette compréhension est à l’opposé du fascisme, aimer les différences, accepter, partager… Venez tous surfer !!!!

© Olivier Millagou

W : Pourquoi on adapte tout autour du surf, alors même qu’on ne vit pas dans un environnement propice à sa pratique?

SBB : Le surf nous apporte tellement de bonheur que nous sommes obligés de concilier avec lui. C’est cette dualité qui génère des parcours de vie originaux et créatifs. Ce sont ces styles de vie inspirants que l’on met en avant dans les numéros West is the Best. 

W : Du coup c’est quoi l’Eldorado du surf ? Quels ont été les choix de vie liés à cette recherche d’Eldorado ?

SBB : J’aime cette phrase de William Finnegan : «  le surf est un refuge contre la société », il permet de nous protéger du cahot de la ville. Il faut donc pouvoir s’adapter sans se mettre en danger, voici la grande problématique du surfeur contraint à rester en ville pour son travail. L’Eldorado du surf est une quête personnelle. Chacun le définit à sa manière selon ses contraintes contextuelles et personnelles. 

OM : L’Eldorado du surf est propre a chacun, pour ma part, voir grandir mes filles les pieds nus sur la plage, partager une vague à côté de la maison avec elles et/ou des amis, cette simplicité de la vie me va bien comme Eldorado.

Tous mes choix de vie ont été clairement définis par le surf et l’art, il était inconcevable de privilégier l’un sans l’autre, alors par nécessité, j’ai choisi un lieu qui pouvait permettre de vivre ça. Mais il y avait aussi une dimension politique dans ce choix. Après mes études j’ai décidé de revenir m’installer dans le Var, alors que ce n’était pas le lieu d’aucuns fantasmes artistiques ni de surf. Simplement une volonté de construire une carrière artistique hors d’une centralisation parisienne et de défendre un territoire, tout en pouvant surfer loin de la masse et des codes. Des concessions, il y en a bien entendu énormément, faire des choix d’antihéros forcement ça se paye, mais les Polynésiens l’ont bien démontré surfer, c’est résister.

W : Est-ce que le surf développe vraiment une sensibilité artistique? Pourquoi? Est-ce que le surf vous a guidé vers autre chose?

SBB : Le surf est un catalyseur créatif, il nous sensibilise sur notre analyse du rivage et son éco-système. Cette pratique m’a sensibilisé sur mon rapport au littoral. Quand on surfe on s’oublie, on fait corps avec la mer, on chorégraphie avec elle, on « s’insère dans un paysage sauvage ». On communique avec une nature agressive. J’aime cette phrase de Jérémie Bélingard « quand je surfe je danse sur des ondes visibles ».

OM : Le surf est indissociable de la sensibilité (même si parfois, vraiment, le comportement de certains surfeurs laisse perplexe). Et la sensibilité conduit de fait à une conscience écologique, qui est intrinsèque au he’e nalu, malheureusement en devenant surf, elle en a été dissociée par l’utilisation de matériaux extrêmement polluant et les quêtes d’été sans fin… Le surfeur est un énorme pollueur.

Le surf guide oui, pour ma part, vers moins de voyage, au quotidien je ne surfe plus que les vagues qui sont à moins de 20 km de chez moi depuis très longtemps, surfe la même planche depuis 13 ans, n’ai jamais eu d’atelier et ai déplacé celui-ci à la plage pour fabriquer des œuvres en partie avec les déchets ramassé sur celles-ci… Le surf change la vie.

© Joran Briand

W : Pourquoi on a commencé les projets qu’on fait?
. West is the Best pour Joran et Arnaud
. Olivier et son travail focalisé sur le surf
. Surf & Disrupt et Next Wave pour Nicolas
. Wrecked pour Aurélien / Guillaume / Ryan

SBB : Ce projet est tout d’abord une intuition. West is the Best est né dans l’idée d’associer voyage et créativité. Après la sortie du numéro un, nous avons décidé de lui donner une suite en devenant la respiration du studio. Un road-book illustrant nos rencontres et nos inspirations. 

OM : La chance de la Méditerranée est d’avoir des jours sans vagues, ce qui m’a laissé du temps pour m’intéresser à l’histoire du surf, à la culture polynésienne. Enfant, j’ai baigné dans une Provence pauvre, lente, simple, qui a vu au fil du temps une perdition radicale de son âme pour l’attrait capitaliste d’un tourisme de masse. Les liens que je peux faire entre la Polynésie et la Provence ont été moteur pour mettre en place un travail plastique, poser des questions de ces paradis perdus, de climat, de vie, de société… L’univers artistique que j’ai mis en place et ma vie quotidienne sont liés. Par exemple, ma planche de surf est une sculpture, qui va d’expositions en vagues, je réalise des sculptures en sable des plages avant les sessions….

NO : Pour moi le surf est quelque part un luxe ultime… de bien être, d’harmonie, de paix, de communion avec les éléments, et de plein d’autres choses… Mais c’est un luxe particulier, qui n’est pas élitiste mais méritocratique, et donc un luxe qui ne doit pas avoir peur de se partager (par opposition à un luxe qui serait élitiste). C’est une pratique accessible à tous, dont les bienfaits rendent meilleur. Je pense que le fait de surfer peut aider n’importe qui à devenir une meilleure version de soi-même. Et aussi inspirer et rapprocher les gens.
Avec Surf & Disrupt, l’idée était d’offrir un espace de partage d’inspiration, partage de cette énergie que l’on peut tirer de la pratique du surf quel que soit son niveau, et de la façon différente dont ça peut conduire à appréhender les choses de la vie, du travail comme du quotidien. Aujourd’hui à chaque meetup, que ce soit à Biarritz ou Paris, on a des nouveaux témoignages de gens qui ont osé faire les choses autrement, en dehors des normes établies, avec une approche peu évidente ni forcément viable de prime abord, mais qui a marché et qui peut en inspirer d’autres. Que ce soit des artistes, des designers, des entrepreneurs, des cadres, des assos, on retrouve toujours un fort engagement, un culot mais aussi une certaine grâce et une certaine fluidité dans ces approches qui diffèrent de ce qu’on peut voir et reproduire partout ailleurs. 

Là où Surf & Disrupt vient inspirer et permet de partager des retours d’expérience comme on en partage aussi après une session de surf, avec NextWave j’ai voulu (sans doute d’ailleurs inspiré par tous ces témoignages) passer à l’étape suivante. En faire une vocation professionnelle, sur la base de ce que j’avais pu retirer du surf et déceler dans mes expériences précédentes de marketing & innovation en startups comme en entreprises plus traditionnelles. L’idée est d’apporter dans des entreprises qui veulent innover de nouvelles valeurs, souvent peu promues, au sein d’équipes qui recherchent l’optimisation et la performance mais qui manquent souvent d’un poil de cohésion, de sens ou encore de fluidité et d’agilité dans leur fonctionnement. Dans de nombreux secteurs et pas uniquement dans le digital, on prend souvent en exemple des entreprises californiennes que ce soit pour l’innovation, l’engagement, les valeurs ou encore l’organisation, l’attitude au travail et la performance. Je pense que (même à dose microscopique) les valeurs du surf sont présentes d’une façon ou l’autre dans l’ADN de toutes ces entreprises californiennes, justement parce qu’elles se sont créées à proximité de hauts lieux de pratique du surf.
Plutôt que de les singer à distance sans véritablement les comprendre, avec les séminaires NextWave l’idée est de vraiment toucher du doigt et intérioriser certains des ingrédients qui ont rendu possible ce type d’approche novatrice. En apportant cela à des startups qui changent de braquet suite à une levée de fonds, ou à des entreprises traditionnelles qui souhaitent repenser leur modèles ou simplement lancer des projets avec une nouvelle approche, on a la satisfaction d’apporter à des équipes un nouveau souffle en plus de transmettre une passion sincère pour la culture et les valeurs du surf, bien au delà des clichés habituels.

W : Comment décririez-vous la culture surf parisienne, ses acteurs et spécificités?

SBB : Le surf est un formidable moyen pour s’insérer dans différents domaines culturels comme la musique, le cinéma ou le design. À Paris le surf est devenu un liant entre disciplines artistiques. La communauté des surfeurs parisiens étant loin des vagues durant la semaine compense cette frustration en créant des projets extraordinaires et enrichissants comme le PSSFF, Wrecked ou Surf & Disrupt…

NO : De la frustration et la contrainte naissent une incroyable effervescence, créativité et solidarité qu’on ne retrouve pas ailleurs. Ces générations de surfers parisiens biberonnés à Surf Session, Endless Summer, ou encore Surfer’s Journal et nostalgiques de leurs grandes vacances en bordure d’Océan regorgent d’entraide et de motivation pour aller surfer par tous les temps, créer des événements, des concepts stores, des associations ou des entreprises dans tous les domaines. Les projections XXL de films de surf au Grand Rex affichent souvent complet, les groupes Facebook et les blogs regorgent de plans, de destinations ou de conseils, les soirées surf à la Surferie comme ailleurs ont une fâcheuse tendance à déborder sur le trottoir et finir plus tard que prévu, les marches pour l’Océan et ramassages de déchets ont une affluence croissante, etc. Il y a même d’excellents shapers et une grande convivialité au sein de cette diversité de surfers plus ou moins déracinés entre Californiens, Australiens, Basques, Banlieusards ou Titi Parisiens. Une communauté surf dont on dit qu’elle serait la plus importante d’Europe en nombre de pratiquants. A vérifier par soi-même sur place !

W : Merci!

www.briand-berthereau.com
www.oliviermillagou.com
www.wearenextwave.com

Ne manquez pas l’exposition ¿Que Onda? à la Galerie du Côté à Biarritz, du 24 juin au 22 juillet 2019.
Allez découvrir le livre West is the Best lors du vernissage, le 28 juin, à la galerie à partir de 18h.
Galerie du Côté
15 domaine des Trois Frères
64200 Biarritz

© Clara Berges

For the release of the third volume of West is the Best, we met and discussed with Joran Briand and Arnaud Berthereau who are behind the project.
Then the artist Olivier Millagou and NextWave creator Nicolas Occhiminuti joined us to talk about the very essence of what we are looking for in surfing.

© Olivier Millagou

PART ONE / WITB

Wrecked : So West is the Best for those who have not followed anything… How do you present it today, what remains of the original intention since issue 1, and what has changed?

Studio Briand Berthereau : West is the Best is a journey, it is the studio’s escape point. Every two years, we meet artists, designers and craftsmen passionate about the ocean to discuss this common source of inspiration. After each trip, we publish a road-book to share this experience with as many people as possible.
For this third issue we invited young French-speaking authors to bring other perspectives on this Mexican culture and the Pacific. 
West is the Best has become an exquisite corpse that has evolved over the years.

W : This volume 3 is dedicated to Mexico, why did you choose this destination and what was the best Mexican experience?

SBB : If there is one country where surfing is a conquest, it is Mexico. Yet, under its rugged appearance, the Pacific coast holds generous surprises for those who know how to grasp them. This is the case for women and men, all creative, who are given the opportunity to speak in this issue. 
Whether they are designers, architects or stylists, they provide testimonials as sources of inspiration. From Puerto Escondido to Costa Careyes and Zihuatanejo, they have been able to do things differently in order to successfully develop tailor-made lifestyles in which work and pleasure are one. Their life revolves around surfing, in a fair balance between hedonism and spirituality, in open third places, in their image, ecosystems that allow them to dream together. 

The most beautiful of the meetings was that of Andres and Tara, the co-founders of LOOT. “Mi casa es tu casa” is not a legend in this couple. Hospitality is an art that they master with excellence. They took the time to show us the hidden faces of their region Zihuatanejo. We shared intimate and unique moments and above all we had the chance to see the first steps of their new project MUSA “Modern Utopian Society of Adventure”, a new alternative place on the waterfront combining art workshops, residences, hotel, recording studio… This place dedicated to creative surfers will open its doors in 2022.

© Joran Briand

W : In each trip and issue you explore how each person you meet experiences this balance or paradox between work and surf, city and beach, real and futile (to quote/paraphrase): In #1 the Californian approach is for example to mix everything in the same day because geography allows it, the waves are closer to the office, where in #2 the surfers of a very centralized France separate more work and leisure, associating surfing with travel and work in the city. Have you discovered a third way in Mexico?

SBB : The objective of this third issue was to focus on third places such as Costa Careyes, Loot, Casa Wabi or Casa Bosque.  Due to its proximity to the United States, its quality of life and its accessible standard of living, Mexico is full of alternative projects. The purpose of this third issue was to highlight these inspiring places on the Pacific coast and to understand how these founders created hybrid places that reflect them, where pleasure and work are one. 

W : A little advice for those who would like to follow in your footsteps and go to Mexico?

SBB : Go to Zihuatanejo

W : Bonus : In Paris where surfing is currently impossible, will the arrival of an artificial wave, as in Sevran in a few years, be enough to give this seaside energy to a landlocked capital? Is the simple practice of surfing in an urban environment that we associate here with work enough to recharge your batteries, escape, and would it have the same benefits as surfing in the ocean?

SBB : It’s like confronting bouldering and climbing in nature. It’s not comparable, it’s another practice. It will be complementary to that of surfing in the ocean. It will be something more mechanical and less poetic but very playful. 

© Joran Briand

PART TWO / TALK

Wrecked : Why do we surf, where does it come from?

Studio Briand Berthereau : My passion for surfing is a fantasy born in the pages of magazines. This dream became a reality with the arrival of the Internet and access to a driver’s license. For me, surfing is synonymous with freedom and elsewhere.

Olivier Millagou : To live, because as Jacques Brel said: it is urgent to be happy.

Nicolas Occhiminuti : For my part, I would say that it’s basically a recreation for more than 25 years, it remains the same idea… whether it was my childhood friends who introduced me to this new “game” during the holidays or now when NextWave and I take teams of companies surfing and work differently in team building mode by the ocean. 
The idea is first of all to “entertain”, to escape from the challenges of everyday life, both pro and personal, a kind of life-size “refresh” button that can do good to each and every one of us, whatever the level of practice.
As far as I’m concerned, even if I surf more and more occasionally, I need this refresh ideally at least once a month.
That’s why I surf first and foremost, and because the other refresh buttons I’ve been able to test in comparison lack iodized air, immersion in the element, wonder, contemplation, introspection, play or all that at once!

W : What do we like about surfing? 

SBB : What I particularly like about surfing is the object. Its shape is both sensual and mystical. It is connected to our leg, it is an extension of our limb. We can be part of the wave thanks to him, it’s something magical. 

W : Why does surfing make us happy? What does that add up to?

SBB : As Julian Schnabel says so well “the beach is an antigravity machine”, time goes by differently. We are facing the horizon and this distant trait pushes us to pause, to meditate. Surfing teaches us to know how to seize the right moment. Knowing how to take the right wave to play with the sea, “you feel at the right time in the right place”. It is here, now and elsewhere. Surfing makes us happy because it anchors us in the present.

OM : Obviously pleasure, nature, the enjoyment of sharing with the elements, simplicity that inevitably becomes beauty, humility, but also diversity. The sea and ocean are in constant motion, each wave is unique, and this reading of the elements encourages us to analyze, anticipate and accept the difference.
And the beauty of surfing is that you apply to life everything the ocean teaches you without necessarily realizing it. And apply to life, this understanding is the opposite of fascism, love differences, accept, share… Come surf all!!!!!

© Olivier Millagou

W : Why do we adapt everything around surfing, even though we don’t live in an environment that is conducive to surfing?

SBB : Surfing brings us so much happiness that we have to reconcile with it. It is this duality that generates original and creative life courses. It is these inspiring lifestyles that are highlighted in the West is the Best issues. 

W : So what is the Eldorado of surfing? What were the life choices related to this search for Eldorado?

SBB : I like this quote by William Finnegan: “Surfing is a refuge against society”, it protects us from the bump of the city. It is therefore necessary to be able to adapt without putting oneself in danger, this is the main problem of the surfer who is forced to stay in the city for his work. The Eldorado of surfing is a personal quest. Everyone defines it in their own way according to their contextual and personal constraints. 

OM : The Eldorado of surfing is something for everyone, for my part, to see my daughters grow up barefoot on the beach, to share a wave next to the house with them and/or friends, this simplicity of life suits me well as Eldorado.

All my life choices were clearly defined by surfing and art, it was inconceivable to privilege one without the other, so out of necessity, I chose a place that could allow me to experience that. But there was also a political dimension to this choice. After my studies I decided to come back to settle in the Var, although it was not the place for any artistic fantasies or surfing. Simply a desire to build an artistic career outside of a Parisian centralisation and to defend a territory, while being able to surf far from the masses and codes. There are of course a lot of concessions, making anti-hero choices inevitably has a cost, but the Polynesians have proven it well by surfing, it’s resisting.

© Joran Briand

W : Does surfing really develop an artistic sensibility? Did surfing lead you to something else?

SBB : Surfing is a creative catalyst, it makes us aware of our analysis of the shoreline and its eco-system. This practice has made me aware of my relationship to the coast. When we surf we forget ourselves, we become one with the sea, we choreograph with it, we “fit into a wild landscape”. We communicate with an aggressive nature. I like this phrase by Jérémie Bélingard: “When I surf, I dance on visible waves”.

OM : Surfing is inseparable from sensitivity (even if sometimes, really, the behaviour of some surfers is perplexing). And sensitivity leads in fact to an ecological consciousness, which is intrinsic to he’e nalu, unfortunately by becoming surfing, it has been dissociated from it by the use of extremely polluting materials and endless summer quests… The surfer is a huge polluter.

Surfing guides yes, for my part, towards less travel, on a daily basis I’ve only been surfing the waves that are less than 20 km from home for a very long time, surfed the same board for 13 years, have never had a workshop and have moved it to the beach to make works partly with the waste collected on them… Surfing changes life.

© Joran Briand

W : Why did we start the projects we do?
. West is the Best for Joran and Arnaud
. Olivier and his work focused on surfing
. Surf & Disrupt and Next Wave for Nicolas
. Wrecked for Aurelien / Guillaume / Ryan

SBB : This project is first of all an intuition. West is the Best was born with the idea of combining travel and creativity. After the release of the number one, we decided to give it a follow-up by becoming the breathing of the studio. A road-book illustrating our encounters and inspirations. 

OM : The luck of the Mediterranean is to have days without waves, which gave me time to take an interest in the history of surfing and Polynesian culture. As a child, I was immersed in a poor, slow, simple Provence, which over time saw a radical loss of its soul for the capitalist attraction of mass tourism. The links I can make between Polynesia and Provence have been the driving force behind setting up a plastic work, asking questions about these lost paradises, the climate, life, society… The artistic universe I have set up and my daily life are linked. For example, my surfboard is a sculpture, which goes from wave to exhibitions, I make sand sculptures on the beach before the sessions…

NO : For me surfing is somehow an ultimate luxury… to be well, harmonious, peaceful, in communion with the elements, and many other things… But it is a particular luxury, which is not elitist but meritocratic, and therefore a luxury that should not be afraid to be shared (as opposed to a luxury that would be elitist). It is a practice accessible to all, whose benefits make it better. I think that surfing can help anyone to become a better version of themselves. And also to inspire and bring people together.
With Surf & Disrupt, the idea was to offer a space for sharing inspiration, sharing this energy that can be derived from surfing at any level, and the different way in which it can lead to an understanding of things in life, work and everyday life. Today at every meeting, whether in Biarritz or Paris, we have new testimonies from people who have dared to do things differently, outside established standards, with an approach that is not obvious or necessarily viable at first sight, but which has worked and can inspire others. Whether they are artists, designers, entrepreneurs, executives, associations, we always find a strong commitment, a nerve but also a certain grace and a certain fluidity in these approaches that differ from what we can see and reproduce everywhere else.

Where Surf & Disrupt inspires and allows us to share feedback as we also share after a surfing session, with NextWave I wanted (probably inspired by all these testimonies) to take the next step. To make it a professional vocation, based on what I had been able to get out of surfing and identify in my previous experiences of marketing & innovation in startups as well as in more traditional companies. The idea is to bring new values to companies that want to innovate, often with little promotion, within teams that are looking for optimization and performance but often lack a sense of cohesion, meaning or fluidity and agility in their operations. In many sectors, and not only in the digital sector, Californian companies are often taken as examples, whether for innovation, commitment, values or even organization, attitude at work and performance. I think that (even in microscopic doses) the values of surfing are present in one way or another in the DNA of all these Californian companies, precisely because they were created near high places of surfing.
Rather than sing them remotely without really understanding them, with NextWave seminars the idea is to really touch your finger and internalize some of the ingredients that have made this type of innovative approach possible. By bringing this to startups who change gears following a fundraiser, or to traditional companies who wish to rethink their models or simply launch projects with a new approach, we have the satisfaction of giving teams a new lease of life and transmitting a sincere passion for surfing culture and values, well beyond the usual clichés.

© Olivier Millagou

W : How would you describe the Parisian surf culture, its actors and specificities?

SBB : Surfing is a great way to get involved in different cultural fields such as music, cinema or design. In Paris surfing has become a link between artistic disciplines. The Parisian surf community being far from the waves during the week compensates for this frustration by creating extraordinary and enriching projects such as the PSSFF, Wrecked or Surf & Disrupt…

NO : Frustration and constraint create an incredible excitement, creativity and solidarity that is not found elsewhere. These generations of Parisian surfers, who are bottle-fed at Surf Session, Endless Summer, or Surfer’s Journal, and who are nostalgic for their great holidays on the shores of the Ocean, are brimming with mutual aid and motivation to go surfing in all weathers, to create events, concept stores, associations or companies in all fields. XXL screenings of surf movies at the Grand Rex are often sold out, Facebook groups and blogs are full of plans, destinations or tips, surf nights at the Surferie as elsewhere have an unfortunate tendency to overflow on the sidewalk and finish later than expected, ocean walks and garbage pick-ups have an increasing number of people, etc. There are even excellent shapers and a great friendliness within this diversity of surfers more or less uprooted between Californians, Australians, Basques, Suburbanites or Titi Parisians. A surfing community that is said to be the largest in Europe in terms of number of surfers. To be checked by yourself on the spot!

W : Thank you!

www.briand-berthereau.com
www.oliviermillagou.com
www.wearenextwave.com

Don’t miss the exhibition ¿Que Onda? at the Galerie du Côté in Biarritz, from June 24th to July 22nd, 2019.
Discover the book West is the Best at the opening on June 28 at the gallery from 6pm.
Galerie du Côté
15 domaine des Trois Frères
64200 Biarritz

© Joran Briand
© Joran Briand